Le 7 Mars 2014.

Journal Le Monde

Mesdames, Messieurs,

L'article de Guillaume Sarlat paru hier sur Internet « L' Allègement des charges ne fait pas une politique » m'incite à vous écrire. Les 2 premiers paragraphes confirment à contrario l'intérêt d'une monnaie forte, les dévaluations d'antan comme la réduction des charges augmentant les marges des entreprises en contrepartie d'un appauvrissement des ménages puisque la réduction des charges est financée par une hausse de TVA ou IR ou CSG, de même qu'une dévaluation entraînait une hausse du pétrole pour tous. Pour Mr M.E. Leclerc, qui a le mérite ( ou la prétention ? ) de dire tout haut ce que les autres sont censés penser ( et donc d'apprendre au gouvernement ce qu'il doit penser ), les entreprises ne dépendent pas de la baisse des charges pour créer des emplois. Il disait aussi au journal Ouest-France le 5 mars 1994 «  Augmenter les prix ça gonfle les marges des entreprises. Mais ce qui fait l'embauche, c'est la perspective du chiffre d'affaires » Donc, on peut augmenter ses marges ( ou ne répercuter que les hausses!) et profiter des baisses de charges sans baisser les prix ni embaucher ! Dans le temps ce n' était pas possible ! Mieux que le contrôle des prix entraînant inflation ou chômage, et plus souple et plus efficace serait une relation obligatoire entre masse salariale et valeur ajoutée ! Donc une politique des salaires et des revenus, la politique des prix ayant échoué. Mais ce qui est vrai pour Mr Leclerc et les grandes surfaces, qui ne sont pas exposées à la concurrence étrangère, ne l'est pas pour les entreprises exportatrices ou en concurrence avec les produits importés ! La Croix du 6/09/96 soulignait l'exception Française. «  Le gouvernement (Juppé) baisse un impôt qui n'est payé que par la moitié la plus fortunée des Français, après avoir augmenté des prélèvements qui, eux, sont payés par tous. » Or, il ne faut pas avoir fait ( ou il faut surtout ne pas avoir fait ? ) Polytechnique pour comprendre que les cotisations entrent dans les prix, que la TVA s'y ajoute, ce qui nuit gravement à la compétitivité de nos produits, donc de nos entreprises. Ajoutons à cela une politique clientéliste et une redondance certaine des structures, avec des centaines de milliers d'emplois inutiles payés par l'impôt, soit 200 % des salaires nets, permettant chacun une baisse des charges de 20 % pour 10 salaires équivalents du secteur productif ! On parle d'innovation, c'est à l' ETAT de commencer ! Mais, baisser les charges n'est pas, effectivement une politique de l'emploi. Le problème principal est une perte de recettes due à la diminution de la matière imposable par suite du développement du travail au noir, de la robotisation, du bricolage et surtout du libre-échange avec des pays à niveau de vie très inférieur, comme bien dénoncé par Maurice Allais, qui prévoyait le désastre actuel de la dette abyssale, si l'organisation de Bruxelles ( des fonctionnaires très bien payés et qui ne connaissent que le bon coté de la concurrence, ) ne changeait pas d'avis. C'est vrai que ce ne sont pas ces fonctionnaires qui ont décidé l' abandon de la préférence communautaire, comme le rappelle une interview à la Lettre de l' Expansion en 2007 (L' Express du 6/3/14) de Maurice Faure , signataire du traité de Rome, qui vient de mourir « Je suis encore plus pessimiste qu'en 1977. Nous sommes aujourd'hui 27 et quand on voit la Bulgarie ou la Roumanie qui ont un niveau de vie au moins 100 fois inférieur à celui de la France, on ne sait pas combien de temps il va falloir pour qu'ils nous rattrapent. » Bien sûr, cela restera entre nous ! Ci-joint autres textes . Meilleures salutations.