Forum Économie de Boursier.com le 11 09 2014

"C'est l'heure du sursaut ou du déclin", pour Christian Noyer

Gouverneur de la Banque de France et membre du conseil supérieur des gouverneurs de la BCE

Par theodorum

C'est l'heure du déclin...de l'orthodoxie !


C'est une politique de la demande qu'il faut faire, grâce à une offre débarrassée de ses oripeaux ! Par le changement de l'assise des charges, par la TVA à la place des cotisations !
La baisse de l' euro entraîne un accroissement du coût des matières 1ères et du pétrole pour tous, alors que sa baisse ne profite qu'à une minorité qui ne se porte pas déjà si mal !
Alain Juppé répondait à Séguin et Giscard en 1995 " Un pays qui dévalue s'appauvrit ! ". Il rejoignait l'opinion de Jean Boissonnat qui écrivait le 25 Octobre 1988 dans la Croix : " Or, chaque dévaluation est un appauvrissement puisqu'elle signifie que nous vendons moins cher notre travail et que nous achetons plus cher le travail des autres."
Le très grand intérêt de remplacer les cotisations salariales et patronales - entrant dans les prix, augmentées de la TVA - par une taxe sur la valeur ajoutée est d'être supérieur à une dévaluation, en gardant ses avantages mais n'ayant pas ses inconvénients .
C'est cela le progrès !
Cela a un effet double ! il pénalise les importations et avantage les exportations qui sont débarrassées des charges : pourquoi faire payer des cotisations chômage et retraite à nos acheteurs étrangers puisqu'ils n'y ont pas droit ?
Pourquoi désavantager nos produits sur-chargés en les exposant à des concurrences sans charges ?

Le problème de l' État n'est pas d'abord un problème de dépenses excessives - elles le sont aussi, parce que l'on ne s'attaque pas aux causes, comme disait Maurice Allais, que sont, outre les délocalisations, le travail au noir, le bricolage, la robotisation ( qui multiplie les biens tout en pénalisant la demande - voir Francis Mer en 1999 dans Ouest-France ), le problème, notre problème c'est surtout un problème de recettes !
Comme disait Alfred Sauvy, major de Polytechnique comme Maurice Allais, le 4 Avril 1981, pensant aux socialistes qui pouvaient gagner la Présidentielle " Si on fait une politique de la demande, elle va s'en aller au dehors, c'est comme si on gonflait un pneu crevé, un enfant sait cela !"
Quoi de neuf 33 ans plus tard ? RIEN !!!!

Remarques générales sur mes 3 propositions.

1 – Pour ne pas pénaliser les investissements anciens la TVA à la place des charges baptisée TC

pourrait être irrécupérable fiscalement.

2 - Échanges UE = disparition totale des emplois dé-localisables : non, à cause de l'indexation obligatoire de la masse salariale hexagonale sur 50 % de la valeur ajoutée = taxe de 50 % sur excédent, + taxe charge de 25 %.

3 – Taxe carbone assez forte avec redistribution partielle forfaitaire = moins besoin d'exporter par

grosses entreprises, source principale de la dette ! 1 emploi créé, 50 de perdus !

4 – Moins besoin d'exporter = moins de CO2 = moins de réchauffement climatique !

5 – Fin de la robotisation par TVA sociale et CVAB de 50 % ! Houellebecq : «  La masse des imbéciles est incompressible » étymologiquement, imbécile = incapable de...

6 – La solution pour les régimes spéciaux comme pour les professions réglementées ne peut venir que d'une réforme totale et générale, non discriminatoire du mode de financement.