Lorient, le 13 Août 2015.

                                    Le Figaro – 14 Bd Haussmann
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Mesdames, Messieurs,

    Ci-joint copie de vos articles des 10 Février 2011 soulignant «  nos insupportables charges sociales »  et 29 Juillet 2015 «  En France, pour 100 €uros de salaire net... ». Cela me rappelle l'article « Le fonds des choses » de Pierre de Calan, ex PDG des chantiers de l' Atlantique, membre de l' Institut, dans La Croix du 13 / 11/91 :
    « L'activité ne reprendra, le chômage ne se réduira sensiblement que le jour où l'allègement des charges qui pèsent sur les entreprises permettra à celles-ci d'accroître leurs débouchés intérieurs et extérieurs sans qu'on leur administre les drogues – aux effets bénéfiques fugaces, aux effets pervers graves et persistants - de l'inflation et de la dévaluation. En économie comme en tout domaine, l'eau claire de la vérité ne se trouve pas dans les quelques flaques éparpillées sur la margelle. Il faut avoir l'intelligence et le courage de la chercher au fonds du puits. »
    Justement, concernant une alternative à ces charges, les économistes et  les journalistes se contentent souvent d'analyses superficielles. Exemple, vos 2 articles.
    Tableau du 29 Juillet 2015 –  Ce tableau de l'institut Molinari peut intéresser les consommateurs de chaque pays, mais n'apporte rien sur le problème de la compétitivité – problème capital qui requière toute notre attention -  compromise par  les charges sociales car il inclut la participation de l'impôt sur le revenu, qui , lui, n'entre pas dans le calcul des prix, auxquels la TVA s'ajoute !, et ne tient pas compte  des salaires nets très variables qui, eux, entrent dans ce calcul.
    Article du 10 Février 2011 «  Insupportables charges sociales... » -  Philippe Varin, comme Thomas Piketty, trouvent insupportable de faire peser l' essentiel – c'est faux – du financement de la solidarité nationale sur les seuls salariés. Mr Varin ne précise pas sa pensée. Piketty est opposé à la TVA sociale, et dissocie- à tort- les intérêts des salariés et ceux des entreprises. Ils semblent ignorer, tous deux, que les cotisations, qu'elles soient salariales ou patronales, entrent dans les prix et pénalisent également la compétitivité des entreprises, ce que ne ferait pas une TVA sociale – que refuse Piketty -  qui ne ferait que remplacer les cotisations et qui impacterait aussi les produits importés, ainsi que la robotisation. On ne voit pas les entreprises, qui y gagneraient, l' assise étant plus large, augmenter encore les prix, comme si la concurrence n'existait plus !
    C'est vrai que mon idée de partager également une partie de la TVA – comme de la TIPP -
leur était inconnue, alors que cela rend la TVA, non seulement juste, mais progressive et sans effet de seuil  injuste et stupide, chaque euro de gain participant au financement à tout niveau !
    Où je rejoins Piketty, c'est dans l'idée d'imposer, de façon indirecte et automatique,  les propriétaires disposant de revenus supérieurs car ne payant pas de loyer : ils paieraient plus de TVA sur une consommation supérieure. La Sécurité Sociale ne serait plus en déficit car les robots cotiseraient et les retraités plus riches, en consommant plus, aussi, rejoignant le vœu d' Alain Minc dont le père bénéficiait de l'exonération totale accordée aux longues maladies. Il serait exonéré de remboursement, comme avant, mais il contribuerait en fonction de ses moyens, donc de ses dépenses  en général !
    L' erreur monumentale est de sur- charger  le secteur productif de façon préalable et unilatérale, ce qui le handicape dans la compétition économique et favorise le bricolage- facilité par les 35 H – le travail au noir, la robotisation et les délocalisations. Cela part d'un méconnaissance crasse de l' économie et même de l'absence de bon sens, tout simplement ! On  enfonce ceux qu'on dit vouloir aider, car finalement il y a moins à partager,  et l'impôt d' après qui ne fait que boucher les trous est encore plus lourd ! Cet aveuglement tient  plus de la haine de la liberté et de la réussite des autres – qu'on peut très bien limiter financièrement - que de la compassion pour les perdants  !
    Conclusion – Nous avons tous intérêt à mettre fin à l'assistance  - 342 milliards de cotisations et 90 de CSG – et pour cela, «  aller au fonds des choses » , à fond, enfin !