Lorient, le 7 Mars 2015.

Monsieur le Ministre de l' Économie,

Vous avez déclaré il y a quelque temps que les salaires augmentaient trop en France, ce qui faisait tort à notre compétitivité. Ci-joint photocopie d'un texte de Paul Champsaur, ancien directeur général de l' INSEE qui confirme parfaitement votre opinion. J'ai moi-même constaté qu'en 1965, lors d'un voyage en Allemagne avec ma femme, professeur d' Allemand, qu'il fallait 0,80 Franc pour un DM et qu'en 1999 pour le passage à l'Euro, il fallait 3,40 Francs pour 1 DM, soit une dévaluation relative de 425 %, bien plus que les dévaluations officielles du Franc et réévaluations du DM.

Cela n'est évidemment pas sans rapport avec l'existence du SMIC comme avec la préférence française pour les cotisations au lieu de l'impôt, comme le souligne l'article de La Croix du 6/09/96 – ci-joint - car les cotisations gonflent les prix, auxquels la TVA s'ajoute , diminuant notre compétitivité, contrairement à l'impôt direct. Je ne suis pas d'accord avec l'opinion de Mr Champsaur  : la TVA dite sociale n'aurait pas impacté le pouvoir d'achat comme la CSG, remplaçant les cotisations avec un impact plus faible sur les prix en France grâce à une base plus large dont la participation de l'importation, que la CSG aurait oubliée .

Dans mon analyse des effets doubles de la TVA à la place des charges je montre que la source de l'inflation est dans l'excès de concurrence dont la démagogie – qui ne serait plus de mise avec l'impossibilité du calcul marginal - se traduit par l'inflation et donc la hausse du SMIC et de l'ensemble des salaires subissant aussi cette inflation.

Ce petit jeu de la concurrence aboutit à une confiscation de la plus-value par une minorité au détriment des salaires et des marges des entreprises et au bénéfice des gros actionnaires – servis par le trading à haute fréquence consistant à plumer les petits actionnaires que la BCE comme la commission européenne veulent attirer en Bourse, au profit des banques, à défaut d'utilisation du crédit bancaire inutilisable du fait de la priorité donnée au consommateur au lieu de l'emploi et des salaires, la vraie solution - comme les fonds de pension américains ou canadiens comme bien montré dans Cash Investigation de France 2, émission à laquelle vous avez participé ! Cette chaîne fait le boulot que ma lettre à Ouest-France, copie jointe, leur reprochait de ne pas faire !

L'invention du SMIG et son indexation sur l'indice des prix a été une erreur qui doit être corrigée et remplacée par une indexation mixte sur la valeur ajoutée nationale – la TVA de 20 % - et sur celle de chaque entreprise – par le contrôle de la valeur ajoutée réservée à la masse salariale de 50 %. Du fait de l'absence de la possibilité du calcul marginal, l'inflation ne serait plus possible et les salaires n'augmenteraient que par augmentation de la production réelle, en volume. Les rendez-vous réguliers entre partenaires sociaux – qui ne s'intéressent qu'aux actifs, comme vous l'avez vous-même souligné - et les menaces de grève n'auraient plus de raison d'être.

Ci-joint ma déclaration à la presse pour les législatives de 1973 et sa version actualisée . C'est la preuve par le contexte de la subtilité du problème et du choix nécessaire de l'intérêt général à long terme ( et même très long , incluant la métaphysique ) à la place de l'intérêt particulier, immédiat. C'est là qu'intervient la nécessité du spirituel, car nous sommes plus que de la matière, même grise ! Seul l' Amour crée ! a dit Maximilien Kolbe qui donna sa vie pour un père de famille à Auschwitz : sans lui on n'aboutit à rien ! « Sans moi vous ne pouvez rien faire ! »

Vous êtes très sympathique et très ouvert, donc très qualifié pour tirer parti de mes réflexions

et du fait aussi de vos connaissances, qui me font défaut : on a, parfois, besoin d'un plus petit que soi ! Comme le système économique, je suis aussi au bout du rouleau ...question santé ! Ce qui n'est pas non plus votre cas . Ci-joint quelques autres textes utiles .

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, mes meilleures salutations.