Lorient, le 14 Juin 2013.

Monsieur Jacques Delors,

Ce Mardi, je vois sur Internet qu'un professeur de Mathématiques a été suspendu pour avoir permis la projection d'un film d'horreur dénommé Saw, qui a justement servi de film-test dans un article de Science et Avenir de septembre 2009 que je venais de redécouvrir il y a 8 jours.

Didier Courbet, professeur à l' IRSIC, avait fait visionner, individuellement, à un groupe d' étudiants d'Aix-Marseille, dans le cadre d'une expérience tendant à montrer l'influence des programmes de Télévision sur les comportements, un extrait de Saw et à un autre groupe un film mettant en valeur les comportements d'entraide. Croyant l'expérience terminée, les étudiants croisaient alors dans le couloir un complice du laboratoire qui faisait tomber à leurs pieds une pile de documents. Aucun des étudiants ayant visionné le film d'horreur ne s'est arrêté, contrairement aux autres qui ont tous apporté leur aide.

« Aujourd'hui, nous démontrons clairement que les programmes qui mettent en scène la violence, l'égoïsme, l'individualisme ou la compétition produisent une influence négative sur les personnes qui les regardent. » déclarait Didier Courbet. Conclusion de Jean-Léon Beauvois, professeur de psychologie sociale : « on pourrait réduire sensiblement les chiffres de la délinquance en diminuant de 50 % la quantité d'hémoglobine à la télévision. Mais est-ce que les créateurs seraient d'accord ? »

En fait ce n'est pas le problème des créateurs qui répondent à la demande des chaînes, celles-ci répondant à la demande des annonceurs via l' Audimat ! C'est pour cela que la fin de la publicité à la télévision sur les chaînes publiques était une très bonne chose, même si cela n'était pas l'intention réelle de Nicolas Sarkozy !

Ci-joint copie d'un article sur la souffrance au travail qui montre bien le rôle de la Concurrence dans la vie de tous les jours, tout à fait en phase avec la violence à la télévision. Diminuer cette concurrence qui est l'exact opposé de la solidarité par l'intervention de la fiscalité dans le jeu économique comme l'expliquait mon texte de 1973 « Le rôle de l' ETAT dans l' Économie ou le procès du libéralisme » (ci-joint) est absolument nécessaire au contraire d' idées reçues comme « Le progrès ne crée pas de chômage ».Alors la violence dans les médias choquerait .

Je disais dans ma deuxième déclaration à la presse, en 1993, « si tout se tient, ou on résout tout ou on ne résout rien » Même si c'est un peu plus compliqué dans l'exécution, il suffit et Il faut diminuer la dépendance vis à vis du consommateur en privilégiant l'emploi et les salaires par les moyens que je suggère, un fixe avec crédit d'impôt à retenir sur une taxe sur la valeur ajoutée et une indexation de la masse salariale sur cette même valeur ajoutée, plus le remplacement des charges sociales par la TVA ou un droit d'accise basé sur les volumes produits, comme je l'explique ci-joint.

C'est d'une logique totale à laquelle personne n'a jamais trouvé à redire ! 2000 milliards de dette que la réduction des déficits annoncée n'empêchera pas d'augmenter montre l'urgence absolue de la situation. Pour donner une idée de son caractère vertigineux cela correspond à 4 à 500 porte-avions nucléaires alors qu'on n'a pas les moyens d'en construire un deuxième ! Vous trouverez ci-joints des textes en contradiction totale avec vos prises de position passées. Nous allons à la catastrophe et il serait encore temps d'avouer notre erreur générale et de le dire. « Il est d'un bon citoyen ( du ciel aussi) de préférer les paroles qui sauvent aux paroles qui plaisent ! » Démosthène.

Veuillez agréer, Monsieur Jacques Delors, mes plus sincères salutations.