Forum Économie de Boursier.com du 27 01 2015

Moi aussi, j'aimerais comprendre la création monétaire


Pourquoi les taux d'intérêt sont bas ? Parce qu'il y a trop d'argent en circulation ou plutôt parce qu'il n'est pas assez bien réparti, parce qu'il n'est pas entre les mains d' une demande consistante et crédible, demande existante mais exclue du fait de salaires insuffisants du fait d'une mondialisation les tirant vers le bas ou d'une exclusion totale de l'emploi.

Les taux sont bas aussi parce qu'on voudrait de la croissance mais les banques sont frileuses et n'ont pas confiance.
C'est une simple question  de demande, pas du tout une question d'offre ! La politique de l'offre est une politique de compétitivité perpétuelle qui écrase la demande et enrichit une minorité repue.
Dans ma récente lettre au Président Hollande j' ai  écrit : «  Le Progrès ne crée pas de richesse, il crée un gain de temps, qui n'est de l'argent que par la plus-value qu'entraîne une plus grande production ou une moins grande quantité de travail à payer par licenciement d'une partie de la main d' oeuvre employée, gain partagé avec les consommateurs par baisse du prix de vente, d' où l'expression « Le temps, c'est de l'argent ! »
C'est cette augmentation de la production qui justifie la création de monnaie bancaire, le moteur de l' Économie étant le crédit. Encore faut-il que les banques aient devant elles une demande crédible et qu'elles n'aient pas la tentation de spéculer, ce que la politique de Q/E de la BCE ne peut qu'alimenter !
Dans le passé, si les banques prêtaient trop la loi de l'offre et de la demande amenait les banques centrales à augmenter les taux d'escompte et la demande baissait ! Que s'est-il passé ?
C'est là qu'intervient la mondialisation ou prolifération de l'offre et écrasement de la demande du fait d'une concurrence déloyale généralisée, l'exploitation d'une main d' oeuvre asiatique énorme et
représentant une demande très faible, demande confisquée par des intermédiaires relativement peu nombreux et donc insuffisante par rapport à une offre massive.
La solution trouvée, les robots, n'en est pas une : ils travaillent encore plus que les chinois (70 H par semaine ) , travaillent plus vite, ne demandent pas d'augmentation et ne consomment que de l'énergie mais beaucoup alors que c'est justement le plus gros problème !
D'où la nécessité de détacher les cotisations salariales et patronales  et égales aux salaires nets de l'emploi par de la TVA, rendant les concurrences déloyales, car sans charges, 2 fois moins rentables !
De même l'indexation de la masse salariale sur 50 % de la valeur ajoutée rendrait les licenciements sans intérêt et permettrait de relancer la demande par la stabilité de l'emploi et la hausse des salaires, mettant aussi hors jeu les concurrences déloyales.
Quand on voit les économistes divisés sur l' avantage ou l'inconvénient d'une monnaie forte on ne peut que se méfier des spéculations intellectuelles !
« Un pays qui dévalue s'appauvrit » répondit Alain Juppé, 1er Ministre en Novembre 1995 à Giscard d' Estaing et Philippe Séguin qui demandaient une dévaluation du Franc, phrase figurant dans un texte de réflexion sur le commerce international que je lui avais adressé une dizaine de jours auparavant.
Entre temps j'ai retrouvé un article découpé, oublié et retrouvé du 25 Octobre 1988 dans La Croix où Jean Boissonnat, rédacteur en chef de l' Expansion à l'époque, écrivait « Or, chaque dévaluation est un appauvrissement puisqu'elle signifie que nous vendons moins cher notre travail et que nous achetons plus cher le travail des autres. »
Dans le même sens Pierre de Calan, membre de l' Institut, ex PDG des chantiers de l' Atlantique écrivait le 13 Novembre 1991 « L'activité de reprendra, le chômage ne se réduira sensiblement que le jour où l'allègement des charges qui pèsent sur les entreprises permettra à celles-ci d'accroître leurs débouchés intérieurs et extérieurs sans qu'on leur administre les drogues de l'inflation ou de la dévaluation. »
La baisse de l' Euro ne règle en rien le problème essentiel, la dette, qui ne peut que s'accroître, car cette baisse de l' EURO nous appauvrit !