Texte remis à la Presse locale lors de ma 1ère candidature aux législatives de 1973

< Le rôle de l' ETAT dans l' Économie ou le procès du libéralisme . >

Mon idée principale est la suivante : il y a autant de prix de revient que d'exploitations, agricoles, commerciales, industrielles. Le prix de vente, lui, est déterminé par l'entreprise marginale, la petite exploitation. Cela constitue pour les entreprises plus importantes une rente, qu'on appelle bénéfice, et qui n'existerait pas si la concurrence était homogène, équilibrée.

D'autre part, cette entreprise marginale, malgré un prix de vente élevé, paie mal, au SMIC, nouvelle rente pour les entreprises prospères ( comme la mienne ) qui pourraient payer plus, mais qui se contentent de payer 20, 30 ou 50 % au dessus. ( mais l'avenir n'est sûr pour personne, ne jetez pas la pierre ! ) Tous les salaires subissent cette attraction vers le bas.

Enfin, sous la pression de la concurrence, les prix d'achat de l'entreprise importante se contractent au détriment de l'entreprise marginale, 3ème rente. C'est celle-là qu'on brade généralement.

Dans ce contexte, l'intérêt de l'argent placé d'un coté, dû de l'autre, la publicité et les investissements encouragés par la fiscalité, les rabais proposés au consommateur, aggravent le mouvement et je ne vois pas comment on pourrait résoudre le problème en poussant la croissance, sinon par le vide, c'est-à-dire le chômage.

Inutile d'essayer d'en sortir tant qu'on n'y a rien compris. La seule solution : un handicap, comme aux courses de chevaux. Une taxe de solidarité, de 30 % par exemple sur la valeur ajoutée serait répartie à égalité sur tous les emplois, rétablissant l'équilibre permettant donc de débloquer le SMIC. Il serait également nécessaire d'indexer la masse salariale, les charges sociales et les impôts sur le chiffre d'affaires, assurant ainsi la progression du pouvoir d'achat de tous en fonction de la production et un développement sans hausse des prix.

Bref, entre la loi de l'argent et celle de la rue, la loi de solidarité !

Actualisation 40 ans plus tard – Lorient le 27/07/2013

Le système libéral est perfectible. On peut remplacer cette solidarité boiteuse, source d'inflation, de chômage et d'inégalités par une solidarité véritable, en application de cette analyse ancienne. La mondialisation de l'Économie a changé la donne, comme l'avait annoncé Maurice Allais, rendant encore plus nécessaire une autre assise des charges sociales que celle des salaires.

I -En instituant une part de solidarité par le moyen d'une taxe sur la valeur ajoutée de 20 % d'où il serait possible de déduire un SMIC amélioré assorti d'un crédit d'impôt, car nous produisons pour les autres mais notre droit sur leur production dépend seulement de la concurrence dans notre propre secteur. Si elle est forte notre droit à la production des autres est faible et inversement, quels que soient nos besoins et la capacité de les satisfaire. C'est archaïque , irrationnel !

2 -Il convient aussi de calculer autrement les charges sociales et les impôts et de les détacher des rémunérations en les attachant aux volumes réels par la TVA. Les produits exportés, donc indisponibles, en seraient dispensés : les étrangers n'ayant pas droit à notre Sécu ni à nos retraites pourquoi les leur faire payer. Inversement les produits importés les supporteraient puisqu'ils sont disponibles pour notre consommation. L' ETAT Régalien n'a pas à discriminer son imposition selon la provenance !

De même, sur le plan interne, l'importance d'une part de marché conséquente ou de l'emplacement serait relativisée, car cessant de jouer sur l'incidence des charges, ce qui permettrait la cohabitation de petites et grandes surfaces dans toute l' Économie et mettrait fin aux phénomènes de concentration et désertification observés partout, causés par un système libéral individualiste.

3 - Enfin une indexation de la masse salariale sur la valeur ajoutée à hauteur de 50 % d'où on pourrait déduire un montant limité par salarié favoriserait une diminution du temps de travail que le Progrès permet et que la Concurrence empêche ! Et que ceux qui vendent plus emploient plus !