Lorient, le 30 Octobre 2014.

Mr Franz-olivier Giesbert

Journal Le Point

74 Avenue du Maine

75682 Paris cedex 14

Monsieur,

Dans votre N° 2197 , au sujet du « Syndrome de 1995 » vous écrivez «  Comment notre pays a-t-il pu rejeter avec tant de force des mesures courageuses que la logique imposait ? »

J'ai gardé une photocopie de la page 4 du journal La Croix du 6 septembre 1995 qui explique un peu cette réaction et le mauvais choix du gouvernement de l' époque, Juppé étant 1er ministre. Les titres sont explicites «  L'impôt sur le revenu baisse, l'injustice augmente .» «  Une contribution ( impôt sur le revenu ) qui pèse plus lourd à l'étranger. » et en repères «  L'exception Française  » .

Ci-joint également un article du Point du 20 septembre 2007 signé Jacques Marseille au sujet de la TVA emploi à la place de TVA sociale, où il résume sa thèse dans l' encadré rouge «  Il reste beaucoup à faire pour s'aligner sur les pays où les cotisations employeurs sont nettement plus faibles et le taux de chômage nettement moins élevé .»

12 ans après le journal La Croix il confirmait notre mauvais choix des cotisations au lieu de l'impôt, ce qui devient évident quand on a compris que les cotisations gonflent les prix et donc obèrent notre compétitivité à l'export, et encore plus sur le marché intérieur car la TVA s'y ajoute !

Jacques Marseille souligne aussi l'anormalité du financement des allocations familiales, du RMI/RSA et de la CMU par les cotisations sociales pesant sur les prix, soit 5.4 et 6.7 % pour le chômage sur les rémunérations brutes de l'ordre de 820 Mds€, soit 99 Mds + la TVA  = 110 Mds !

Car le chômage aussi pourrait relever de la solidarité nationale, ce qui permettrait d'être compétitif et donc d'augmenter le PIB , c'est-à-dire la grosseur du gâteau à partager ! Des impôts au nom de la solidarité, c'est un vrai placement. L'impôt pour boucher les trous est plus lourd et inefficace à ce point de vue ! Le Danemark nous montre la voie ! Là-bas les impôts sont plus lourds et le PIB par tête supérieur de 40 % !

Mais il y a mieux à faire encore en remplaçant toutes les charges par la TVA ce qui obligerait les autres pays à nous suivre du fait de notre compétitivité hors pair !

Maurice Allais pensait aussi que l'impôt sur les sociétés pouvait être supprimé car il entre aussi dans les prix et même les pauvres le paient ! Les solutions que j'ai imaginées, soit 3 mesures permettraient de booster l'emploi à un degré inimaginable, ce qui fait que l'impôt pourrait être beaucoup moins lourd et les robots condamnés, car ils participeraient à tous les financements et ne donneraient pas droit au contrôle de la valeur ajoutée par indexation de la masse salariale à hauteur de 50 % .

J'ai écrit aussi au 1er Ministre récemment pour lui indiquer que notre problème n'était pas un problèmes de dépenses, même si elles pourraient être beaucoup moins lourdes si on s'attaquait enfin aux causes, comme disait aussi Maurice Allais, mais de recettes !

Il s'agit d'une crise de civilisation car la société de concurrence et du règne du client-roi est à bout de souffle : c'est surtout un problème de con-science ! Mais je pense que je perds mon temps en vous écrivant, car vous n'êtes pas libre de dire ce que vous pensez sous peine de déplaire à votre patron. Votre sectarisme fait pendant à celui des socialistes !

Veuillez agréer, Monsieur Franz-Olivier Giesbert, mes sincères salutations.