Lorient, le 11 Mai 2013.

Magazine Le Pélerin

18 rue Barbès

92128 Montrouge cedex

Mesdames, Messieurs,

Votre article du N° 6805 du 2 Mai dernier « Retraites : l'erreur historique de 1981 »

de Michel Godet suscite de ma part quelques réflexions.

D'abord il faudrait s'accorder sur les statistiques. Dans un article de La Croix du 22/01/1997 l'économiste Michel Drancourt parlait de 3 actifs pour un retraité en 1975 contre 2.5 actifs pour un retraité en 1970 pour Michel Godet . M. Drancourt prévoyait un rapport de 1 pour 1 dès 2005, M. Godet de 1.6 pour 1 en 2020 ! Je sais bien que l'on peut faire dire ce que l'on veut aux statistiques mais quand même ! Cela me rappelle le 1 français sur 3 travaillant pour l'exportation en 1994 pour J. Delors contre 1 sur 4 de F. Bayrou en 2012 . En fait nous travaillons moins pour le Monde qu'il ne travaille pour nous. C'est pour cela que nous sommes déficitaires, indépendamment du coût du pétrole, que nous gaspillons aussi.

Mais cela ne les empêche pas de tirer la même conclusion à 16 ans d'intervalle, qui est celle de la pensée unique : il faut retarder l'âge de la retraite. Or cette solution comptable n'en est pas vraiment une, car seule une minorité est encore active à 60 ans, ce qui inclut de fait, même si on l'occulte systématiquement, une baisse du niveau des retraites, déjà faibles pour beaucoup.

Or, si la population active réelle n'est passée que de 22 à 25 millions entre 1970 et 2010, alors que la population totale passait de 51 à 65 millions, le PIB en euros constants est passé de 800 à 2000 milliards, donc de 16 000 à 31 000 par tête, dans le même temps ! Les retraites doivent-elles être basées sur le rapport actifs/retraités ou sur la richesse réelle ? Il serait temps d' abandonner les vieilles recettes pour inventer un avenir meilleur !

Car, même si l'on parle beaucoup de l'allongement de l'espérance de vie, ce qui compte c'est l'espérance de vie en bonne santé, qui n'est que de 65 ans pour les hommes ai-je entendu récemment. D'ailleurs ce vieillissement de la population va aussi nous poser les mêmes problèmes que celui des retraites en matière de financement !

Retarder la retraite est d'autant plus absurde que le chômage des jeunes est important. La France réussit la performance d'être le pays en Europe où on trouve le moins de vieux au travail et l'un des plus forts taux de chômage des jeunes ! L'idée du contrat de génération va donc dans le bon sens. Encore faut-il rétablir la compétitivité des entreprises françaises, ce qui n'était pas le cas en 1996 ( encore moins maintenant!) d'après la statistique ci-joint montrant l'exception française consistant à privilégier les cotisations sociales au lieu de l'impôt sur le revenu (14 % des prélèvements obligatoires en France contre 26.5 % en Allemagne). Or les cotisations sociales incluses dans les prix et subissant la TVA handicapent notre compétitivité  d'autant !

Les emplois d'avenir n'en sont pas vraiment car au détriment des moyens de l' ETAT et donc de la compétitivité des entreprises finançant l'impôt. Les socialistes, animés d'une intention généreuse, diminuer le chômage, ont créé constamment des emplois publics au moyen d'impôts ou de cotisations diminuant la compétitivité de nos entreprises et donc au détriment des emplois productifs. La Tribune évaluait le 9/02/11 le coût de la fonction publique à 12 % du PIB en France contre 7 % en Allemagne. Le 3/06/11 l' Institut Thomas More estimait notre handicap avec l' Allemagne à 163 Milliards d'euros à PIB comparable.

Est-ce que vous donnerez à mon courrier la même audience qu'à l'article de Michel Godet ou contribuerez-vous à la persistance de la pensée (u)(i)nique ?

Veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, mes salutations distinguées.