Réflexions sur l'économie

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jeudi 15 décembre 2016

Vive l'émulation, à bas la Concurrence ! Lettre au Monde du 16 Avril 1984

VIVE L' ÉMULATION, A BAS LA CONCURENCE !

NON ! La croissance n'est pas nécessaire pour le plein emploi. Le Chômage résulte de la conjonction du progrès technique et de la Concurrence. Il faut tout donner au consommateur, pourquoi ne diminuerait-on pas la durée du travail ? ( pour tous ). Mais on ne peut le faire et laisser jouer intégralement la Concurrence.

Car le Progrès technique permet ou de produire plus avec les mêmes emplois ou de produire autant avec moins d'emplois ou autant avec les mêmes emplois et une durée du travail moindre. Quand déciderons nous que nous produisons assez ? Demain ? Mais de quoi ne produisons nous pas déjà de trop ? Mettrons nous le Progrès au service de l'homme ou l'homme sera-t-il toujours écrasé par le progrès ? L' Économie est-elle faite pour l'homme ou l'homme pour l' Économie ?

Si la concurrence fait trop baisser les prix, en cas de surproduction, l' ÉTAT a le devoir d'y mettre un frein. J'ai calculé que maintenir 25.000 emplois en Lorraine coûterait 15 centimes de plus le Kg de fer ( 25.000 fois 100.000 Frs, soit 2,5 milliards de Frs pour 17 millions de tonnes d'acier par an en France), soit 10 centimes environ pour un fer à repasser et 50 Frs pour une voiture. Si l' ÉTAT taxait l'acier de 15 centimes par Kg pour sauver 25.000 emplois et l' Économie de toute une région, qui y trouverait à redire ?

Cela a-t-il un sens de demander à 25.000 adultes de se reconvertir, quand les jeunes qui sont plus aptes à des emplois nouveaux ne trouvent pas de travail ?

La Concurrence est utile quand il s'agit d'empêcher les profits abusifs, elle est nuisible quand elle ne respecte pas les producteurs. Augmenter le pouvoir d'achat du consommateur, d'accord, mais priorité à des salaires corrects et à des emplois pour tous. L'emploi et les salaires ne doivent pas dépendre des prix, c'est l'inverse qui est juste ! LA CONCURRENCE QUAND ELLE VA TROP LOIN RUINE L'ÉCONOMIE !

L' ÉTAT doit prendre ses responsabilités, promouvoir la justice et non faire du social, fixer des règles à l' Économie et non s'y soumettre ! Non, pas tout faire bureaucratiquement, mais décider un minimum de mesures vraiment radicales, faciles à mettre en œuvre et à contrôler.

Ne mettons pas la charrue devant les bœufs. Ce qui est vrai des sidérurgistes l'est aussi des paysans, des chantiers navals, de la construction automobile, etc...etc... On peut estimer que les rémunérations sont insuffisantes quand l'offre dépasse la demande, et, si c'est le contraire, ce sont les consommateurs qui en sont les victimes. Il faut assurer à tous un revenu minimum décent, indépendamment de la loi de l'offre et de la demande, aux travailleurs salariés ou indépendants. Ce minimum doit être pour chacun indépendant de sa propre production, car constituant sa part de la production des autres.

Le problème principal qui se pose à nous n'est pas de rater ou pas le train du progrès, c'est de l'aiguiller dans la bonne direction, c'est-à-dire mettre enfin l' ÉCONOMIE AU SERVICE DE L' HOMME, DE TOUS LES HOMMES ! Il n'est pas nécessaire de se prosterner devant une nouvelle idole, d'accroître les moyens de produire toujours plus, nous produisons déjà assez pour tous. Il faut surtout empêcher certains de produire à la place des autres, chez nous et à l' extérieur : il faut protéger le droit des plus pauvres au travail et à la dignité. Il faut les aider à produire pour eux. ( et chez eux ! )

NE REFUSONS PAS AUX PAUVRES D'ICI ET D'AILLEURS CE QUE NOUS SOMMES CAPABLES DE LEUR DONNER AUJOURD'HUI. LES PROGRÈS DÉJÀ RÉALISÉS NOUS ACCULENT À ÊTRE GÉNÉREUX. ET SI LA CONCURRENCE, EN PESANT SUR LEURS SALAIRES, DIMINUE EXCESSIVEMENT LEURS DROITS À CE PARTAGE, NOUS DEVONS L'EN EMPÊCHER, NOUS, C'EST-À-DIRE L' ÉTAT !

Un commerçant performant .

Lettre au Journal Le Monde du 16 Avril 1984

Sauvy préconisait aussi de compléter le SMIC par une aide publique !

Forum Économie de Boursier.com le 17 Mai 2014

Fiscalité : 1, 8 million de ménages exonérés d'impôts sur le revenu

Idées en ligne avec nos 2 meilleurs penseurs du 20 e Siècle !

Sur la participation de la solidarité nationale pour un salaire minimum protégeant la compétitivité, je viens d' apprendre qu' Alfred Sauvy préconisait la même solution.
"D'après Michel Godet, Professeur au CNAM, dans le Pélerin du 8 Mai dernier, Alfred Sauvy écrivait " La rigidité éliminatoire qui résulte du salaire minimal peut être compensée par une prime ou subvention accordée, soit au travailleur, soit à l'entreprise pour le dédommager d'accorder le salaire minimal aux travailleurs sous-productifs ".
C'était aussi la recommandation d'un groupe d' économistes de réputation mondiale dans un rapport au Sénat du 31 Mars 1994 qui préconisaient une subvention non hiérarchisée par emploi de façon à maintenir un certain niveau de vie pour les salariés moins qualifiés et aussi la compétitivité des entreprises, de toutes les entreprises.
Ils reprenaient mon idée exposée dans ma lettre au Parti Socialiste le 23 Mars 1981 et communiquée aussi en 1986 à un Prof d' économie de la faculté de Rennes.
De même que j'ai été rassuré longtemps après de constater que Maurice Allais avait fait la même analyse du commerce avec les pays sous-développés, de même je suis ravi d'apprendre qu'un penseur éminent comme Alfred Sauvy, major de Polytechnique, comme Maurice Allais , avait émis la même remarque d'une portée capitale.
Mais ils sont rares ceux qui restent simples dans ces circonstances : ils ont un idéal et se donnent des buts très hauts qui les rendent humbles devant la difficulté de la tache !
Mon apport a été d'imaginer des solutions concrètes en application de ces principes à partir de mon expérience de responsable d'entreprise.
Cela peut paraître trop beau alors qu'on nous demande, à nous les lampistes, de se serrer la ceinture et de travailler jusqu'à 70 ans, pendant que les responsables de la situation se portent bien et ne partagent pas beaucoup ! Mais c'est très logique et il n'y a rien d'autre de crédible. Même pas 8 jours après l' INSEE dément la reprise annoncée par le Président !

Mondialisation : cent emplois perdus...1 de retrouvé !

Forum Économie de Boursier.com du 14/15 Mai 2014

Retour sur un commentaire pertinent.

Je reviens sur la déclaration très pertinente d'une femme d'artisan reproduite plus haut.
Donc, non seulement les asiatiques– pour l'essentiel, mais pas exclusivement – par la concurrence des produits qu'ils nous vendent,éliminent une demande consistante chez nous, mais, en plus, ne nous offrent, en remplacement, qu'une demande très faible tellement ils sont exploités et peu payés malgré des horaires doubles des nôtres. Cela s'appellerait de la solidarité ?
Donc ils produisent beaucoup = nous perdons beaucoup d'emplois, bien plus que cela ne pèse en monnaie ( je dirais ...de singe, si cela n'avait pas de connotation raciste, mais ça dit bien la réalité )-cela a donc échappé à nos experts qui trop loin du terrain ne regardent que les chiffres,alors qu'à l'inverse nous leur vendons du luxe et de la technologie dont les montants pèsent – du fait des hauts salaires des ingénieurs et des ouvriers très qualifiés, infiniment plus que le nombre d'emplois que cela nous procure. Il y a là un effet de ciseaux ! Et, en plus, notre balance est déficitaire  !
Globalement nous gagnons un emploi quand nous en perdons cent ! Et cela fait 40 ans que cela dure. Et, sans rien changer au modèle, benoîtement, on attend le retour de la Croissance – une croissance sans dette ? On n'en parle pas ! - sans remettre en question un modèle que les ETAS-UNIS veulent imposer au Monde, comme si tout allait bien et comme si la planète pouvait le supporter !
Les rémunérations excessives , qu'il s'agisse des notaires ou des huissiers, nuisent à la fluidité de l' Économie et des échanges, car elles stérilisent une demande potentielle au profit d'une demande excessive source d'inflation ou d'épargne stérile en période de crise.
Considérer ce modèle libéral comme la perfection constitue une ignominie !

Nos grandes entreprises nous enfoncent !

Le pire est que ces grandes entreprises exportatrices paient peu d'impôt sur les bénéfices car elles ont des succursales dans les paradis fiscaux, comme toutes les multinationales.
Imposer la valeur ajoutée brute est bien la solution.
"L' Europe en crise, que faire ?" de Maurice Allais, -Prix Nobel d'économie - été 2005 :
"De 1950 à 1974 le taux moyen de croissance du PIB a été de 4%. De 1974 à 2000 il a été de 1.6%, soit une baisse de 60%" ... et par accroissement équivalent de la dette !
"Incontestablement cela résulte de la délocalisation des activités industrielles et des investissements financiers. si la politique libre-échangiste de Bruxelles n'avait pas été appliquée le PIB réel par tête d'habitant serait plus élevé de 30 %." ...et la dette nulle !

A propos de délocalisations des investissements financiers, dans un article « Le temps des pauvres et les raisons de la colère » paru le 3 Février 1996 dans La Croix, Mr René Deveaux , ingénieur Ensia, écrivait : «  Rien ne justifie le pouvoir politique sinon son aptitude à mettre l' économie au service de l'homme : il lui appartient donc de rendre à la solidarité nationale ce qui lui revient de droit, en établissant une assiette de prélèvement conforme à l'esprit de la loi d'où elle est issue.En cette fin de siècle, cela consiste à alimenter les caisses de la Sécu par un prélèvement sur les plus-values brutes des entreprises afin de supprimer progressivement les parts patronale et salariale des prélèvements sociaux : il réintègre automatiquement dans les ressources sociales les profits des investissements et des productions « mondialisées ». Il permet de maintenir le système par répartition, seul garant d'une solidarité efficace. »
La solution passe par une indexation de la masse salariale sur 50 % de la valeur ajoutée brute qui dissuaderait des importations qui exploitent la misère, car seule la valeur ajoutée produite en France serait déductible de la taxe de 50 %.
Pour compléter la panoplie une imposition de la valeur ajoutée en remplacement des charges sociales s'impose !
Il ne serait pas interdit d'exploiter la misère du Monde mais plus du tout intéressant !
Moyennant ces mesures on n'aurait plus besoin de favoriser les entreprises exportatrices pour équilibrer la balance des paiements et on pourrait ( l' ÉTAT ) aider les pays pauvres à se développer et à produire pour eux et chez eux !

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